Ce n’est pas dans mes habitudes de ne pas vous donner de nouvelles pendant un an, mais depuis mon dernier blogue du 1er janvier 2025, de nombreux rebondissements ont changé la donne.
HIVER 2025 :
Encore une fois, j’ai tendance à hiberner comme un ours, sauf pour une petite pause soleil en Jamaïque du 15 au 25 janvier avec Mamie. La température est magnifique, parfois très humide, mais qui peut se plaindre les fesses dans la mer! Nous profitons bien des restaurants et des bars du club et nous visitons même l’infirmerie sur place, puis la clinique médicale de Montego Bay lorsque Mamie fait un vol plané sur le plancher de marbre du hall d’entrée. Huit points de suture plus tard, nous sommes de retour sur la plage buvant des margaritas! Une chose est claire : Mamie s’est remise sur pied aussi vite que cela lui a pris pour faire son vol plané.
PRINTEMPS 2025 :
Le 16 mai, nous nous rendons à Toronto en train pour passer un peu de temps avec les filles de Dieter, les conjoints, les enfants et les petits enfants. Ce fut une très belle visite en famille. J’ai droit à ma première virée en Porsche (merci Philippe!) et notre retour à Montréal est souligné d’un retard de 3 heures à la gare de Cobourg en Ontario. Heureusement, les noix et les gins toniques sont distribués gratuitement et nous avons reçu un crédit pour notre prochain voyage.
ÉTÉ 2025 :
Pour bien commencer l’été, je profite de mon Grand Prix du Canada sous le soleil et de mon départ le lendemain matin pour Notre-Dame-du-Portage.
Comme d’habitude, je passe la première semaine au Portage à dormir et lorsque je sors de mon coma, je me rends à Sainte-Luce-sur-Mer pour passer un peu de temps avec ma famille de la Garde côtière. Nous avons même la chance de faire un tour de bateau sur le fleuve Saint-Laurent entre Rimouski et le Bic. Quel plaisir de se retrouver à nouveau, les trois cocos, sur le bateau de Garde côtière auxiliaire de ti-Claude ! J’ai eu envie de déménager à Sainte-Luce et d’offrir mes services!
Le dernier soir, Yves, sa fille, Margot, et moi allons manger au restaurant Le Ketch de Sainte-Flavie dans le but premier d’examiner la recharge de plage pour la protection des berges. Nous arrivons à 19 h pile, l’heure de notre réservation. Une fois assignés à notre table, Yves et moi allons quelques minutes sur la terrasse pour observer le travail colossal effectué le long de la plage.
De retour à notre table, un jeune serveur prend en note nos choix pour l’apéro et Yves demande également de l’eau. Le serveur apporte nos consommations et il dépose un verre d’eau au milieu de la table. Yves regarde d’un air confus le verre d’eau, puis le serveur. Je regarde à mon tour le verre d’eau en me demandant si le serveur allait y mettre trois pailles pour que nous puissions le partager, puis je lui demande :
— Est-ce qu’on peut en avoir chacun un? en pensant que ce n’était pas trop demander.
Et voilà, le ton de la soirée est donné.
Les apéros servis, Yves rappelle le serveur pour lui demander de la glace pour son verre de rosé chaud. La glace n’arrive jamais, c’est Margot qui se déplace pour chercher un verre de glace au bar. Le temps avance et nous n’avons pas encore donné notre choix de plat au serveur. Le restaurant se remplit assez vite, donc je fais des signes de la main pour attirer l’attention avant que notre commande passe après cette ruée de clients affamés. Je me fatigue à gesticuler comme une folle, alors en bon professeur d’école, j’attends la main levée. Finalement, il arrive après avoir arrêté à toutes les tables. Une fois notre commande passée, Margot s’occupe du divertissement avec 3 ou 4 bonshommes pendus, puis elle met ses talents d’artiste à l’œuvre en dessinant 2 images similaires sur lesquelles il faut trouver les 7 erreurs. Nous avons le temps d’en faire 3 et nous ne sommes pas encore servis.
Nos assiettes arrivent à 20 h 30. Si nous étions dans un restaurant 5 étoiles, peut-être, mais nous sommes dans une micro-brasserie. Margot déguste un Pogo, Yves une salade (ah, qu’il est raisonnable!) et moi un hamburger-frites avec la promesse que chacun se serve dans mes frites. Affamés que nous sommes à cette heure avancée, le petit godet de mayonnaise qui accompagne mes frites se vide rapidement. Ne voyant pas notre serveur, je demande à la première serveuse qui passe près de notre table pour un autre godet de mayonnaise. La jeune fille revient aussitôt pour nous aviser qu’il n’y a pas de mayonnaise, car ils n’ont pas le temps de remplir les petits godets. La face de Yves tombe :
— Tu me niaises? dit-il d’un ton un peu sarcastique.
La jeune fille semble perplexe face à ce commentaire et rebrousse chemin pour « s’informer ». Une autre serveuse fait son apparition :
— Finalement, il n’y a plus de mayonnaise du tout. Voulez-vous du Ketchup? dit-elle avec une légère grimace de dégout.
— Non, on ne veut pas du Ketchup, mais de la mayonnaise. Ça n’a pas de bon sens. Comment pouvez-vous manquer de mayonnaise? répond Yves.
La serveuse n’a rien à ajouter. Elle part.
Maintenant, on ne peut pas faire autrement que de rire de la situation dans laquelle nous sommes. Nous avons presque terminé lorsque Yves suggère de demander l’addition tout de suite pour ne pas être pris à attendre jusqu’à 22 h. Maintenant habituée à chercher l’attention, je recommence à gesticuler et cela prend encore quelque temps.
Lorsque le serveur arrive avec la facture, il adresse la parole à Yves :
— Comment avez-vous aimé votre repas? dit-il avec un grand sourire.
Euh oh! Et c’est parti mon kiki!
Yves lui explique comment le service était pourri et pourquoi, et le serveur cherche à se justifier, à s’expliquer, à se défendre, mais jamais à s’excuser : c’est la faute de l’achalandage (pas vraiment, la terrasse était vide), c’est la faute de la cuisine où les commandes ont été mélangées (et où ils ont perdu la mayonnaise!), ce n’est pas de ma faute…
La tension est à couper au couteau. Yves, carte de crédit en main, paye la facture. Dès qu’il a le reçu, il se penche en direction du serveur pour prendre la veste de Margot accrochée au dos de sa chaise, mais le serveur semble interpréter ce mouvement comme un assaut, car je vois dans son regard et dans son langage corporel un gars qui est prêt à l’attaque. Heureusement, il se calme lorsqu’il voit l’intention du geste. Fiouf!
En revenant à la maison, Nadine, l’épouse d’Yves, nous raconte qu’elle a également vécu une histoire d’horreur dans un restaurant à Saint-Lambert. Coudonc! Est-ce que nous devenons plus difficiles en vieillissant ou est-ce que les jeunes serveurs d’aujourd’hui sont moins attentifs aux besoins des clients? Personne ne leur a expliqué que tous les clients assis à une table ont droit à un verre d’eau… chacun?
En revenant de Notre-Dame-du-Portage, j'ai fait installer une nouvelle terrasse. Magnifique!
AUTOMNE 2025 :
Cet automne, je m’implique encore plus au comité de direction du Club Parliamo Italiano. Je travaille avec mes collègues à l’organisation des activités et à la mise à jour du site internet qui est maintenant trilingue (parliamoitalianoclub.com).
J’ai également repris mes cours d’italien avec Massimiliano de l’école Giovanni Pascoli à Montréal. Je suis rouillée par manque de conversation. J’espère m’améliorer pour ne pas perdre tout ce que j’ai appris jusqu’à maintenant.
Je me suis également inscrite au cours « Grands romans d’Europe et d’Amérique » pour compléter mon baccalauréat en traduction. J’ai lu deux romans : Le père Goriot de Balzac et Anna Karénine de Tolstoï, deux belles lectures enrichissantes.
En septembre, ce fut également le 70e anniversaire d’André. Bon BBQ et bon temps à souligner ce grand jour.
L’automne a également été houleux, car Mamie se rend en ambulance à un hôpital près de chez nous à la suite d’une chute. Une côte fracturée. Après trois nuits sous surveillance dues à sa pression artérielle trop élevée et à son taux d’oxygénation trop bas, nous retournons à la maison avec un nouvel ami : Gérard.
Mamie déteste Gérard, sa nouvelle marchette, mais il est maintenant de mise. En arrivant à la maison, elle admire avec joie les décorations de Noël que j’ai installées pour son grand retour et elle tombe à nouveau, heureusement sans blessure. Une fraction de seconde, un mouvement de la tête trop rapide et elle perd l’équilibre. Elle a aujourd’hui un autre ami, plus sophistiqué cette fois-ci : Fred, un beau déambulateur que mon amie, Véronique, nous a si gentiment prêté. Merci Véro!
Deux semaines plus tard, elle retourne d’urgence à un autre hôpital, sur l’île de Montréal. Cette fois-ci, elle a de la difficulté à respirer. De l’eau dans les poumons. Le coupable : son cœur qui faiblit cause des problèmes aux autres organes.
Cette deuxième expérience à l’urgence nous fait réaliser l’état précaire de notre système de santé. Prenez note que les médecins, les infirmiers et le personnel de l’hôpital ne sont pas du tout en cause, au contraire, ils sont extrêmement résilients à travailler dans cet environnement. Mamie est placée dans le couloir à côté de la porte d’entrée des civières des ambulanciers où le transfert des patients se fait à côté d’elle, où les membres de famille inquiets se rassemblent et où le personnel se déplace parmi ce nuage d’êtres humains. Assise au pied de la civière de Mamie, je manque de recevoir en pleine tête les bottes d’un des patients encore attaché à sa civière d’ambulance. La patiente couchée à la tête de Mamie souffre d’un grave problème de maladie mentale. Très confuse, elle se promène dans le couloir, s’approche des patients allongés de façon à les rendre très inconfortables. Je dois m’interposer entre elle et Mamie. Les infirmiers doivent attacher la dame avec des courroies de contention, mais très habile, elle réussit à se faufiler en se glissant au pied de sa civière pour s’échapper. Je dois aviser une infirmière que la patiente est sur le point de sortir dans la salle d’attente. Après une troisième évasion, l’infirmier est à sa recherche. Heureusement, je peux lui indiquer le chemin l’ayant vue passer dans un couloir adjacent. Même l’infirmier sacre sous sa barbe.
L’urgence est tapissée de patients très âgés, confus, en attente d’un lit dans un CHSLD. Une pauvre dame âgée fait une crise lorsque des préposés masculins doivent changer sa couche. Elle crie que seul son mari a le droit de voir ces parties intimes et qu’ils ne savent pas comment bien traiter une femme.
Dès que Mamie reçoit son diagnostic, on lui administre des diurétiques puissants et elle se met à avoir de grosses envies d’uriner au 20 minutes. Je cherche un préposé pour l’aider à se rendre à la toilette en fauteuil roulant, mais personne en vue. À cinq reprises, je dois faire le travail moi-même : courir chercher un fauteuil roulant (ils sont rares), se rendre à la toilette à l’autre bout d’un labyrinthe de couloirs, entrer dans la mini-toilette avec le fauteuil roulant puis l’immobiliser, installer Mamie pour qu’elle puisse faire ce qu’elle avait à faire, et ceci à toute vitesse, car les diurétiques sont très efficaces. Malgré toutes mes bonnes intentions et mes efforts, il y a eu quelques incidents, quelques dégâts.
Après notre cinquième aventure, je suis épuisée. Ma sclérose en plaques commence à m’envoyer des signes. Lorsque le médecin vient finalement nous parler, je lui fait comprendre que c’est l’enfer, qu’en raison de ma santé, je ne peux plus courir comme une folle à la toilette avec ma mère. Son explication est aussi frustrante que les courses aux toilettes : lorsqu’il y a de la famille, les préposés ne s’occupent pas des patients. Ils ont d’autres patients à voir. Super!
— Mais si je pars, qui va s’occuper d’elle, en plein milieu du couloir avec le va-et-vient de civières, des patients confus, les membres de famille bouleversés et le personnel pressé? Elle n’a même pas un bouton d’alarme pour appeler quelqu’un.
— Ah, on va essayer de lui trouver un cubicule avec un rideau et une chaise d’aisance.
Cela n’a jamais été fait.
Toute la soirée, ma mère et moi n’arrêtions pas de nous regarder avec des yeux ébahis et de répéter « C’est un zoo! », « On se croirait dans un asile! », « C’est un foutu bordel! ».
Finalement, son expérience à l’urgence de la semaine précédente fut un séjour au Ritz en comparaison à ce qu’elle vivait en ce moment.
Je l’ai quitté tard ce soir-là, les larmes aux yeux, et le lendemain matin, nous étions prêtes à sacrer notre camp. Hugo est venu m’aider, car j’ai toujours peur d’échapper Mamie quand ses genoux faiblissent. Elle devra prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter un retour à l’hôpital. Maintenant que le niveau de soins qu’elle requiert augmente, Hugo et André sont heureusement là pour m’aider lorsque j’ai besoin de reprendre mon souffle.
Mon corps et mon système immunitaire dysfonctionnel m’apprennent bien des choses depuis quelques années. Lorsque j’étais au côté de mon père, Helmut, qui souffrait de la défaillance de ses organes causée par l’Alzheimer, mon corps fut couvert de boursouffles d’urticaire chronique. Lorsque Dieter était malade, mon corps était couvert de psoriasis de la tête aux pieds. Maintenant que ma mère est malade, mon système immunitaire a décidé de faire monter les enchères en me faisant perdre mes cheveux par poignées. Véro a voulu m’encourager en affirmant que j’ai une tête à chapeau, mais même si c’est vrai, cela est loin de me réconforter. Il est maintenant assez clair que mon corps ne gère pas très bien la souffrance des autres…
ANNÉE 2026 :
L’année 2025 a été persillée de voyages, de défis, de chutes, d’hospitalisations et se termine dans l’épuisement et l’inquiétude, ce qui explique mon absence, le manque de publication de blogues et l’envoi de cartes de Noël, et pour cela, je suis désolée. J’espère pouvoir me reprendre l’année prochaine…
Mais soyez assurés que je pense à vous constamment et j’espère que la nouvelle année nous apportera à tous de la paix d’esprit, du calme, de la force, de la résilience et du courage. Enfin, moi, j’en ai grandement besoin! Je ne fais pas de prédictions pour 2026, car j’ai décidé de prendre une journée à la fois dans le but de diminuer mon stress, ma fatigue et d’encourager la repousse de mes cheveux!
Joyeux Noël et bonne année, mes amis, mes amours,
Diane xxx...





























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